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CONFERENCE DE GASTON KELMAN le 16 avril 09 |
Introduction de Monsieur Grand et Gaston Kelman sur le sujet
« On ne reconnait pas l’arbre à sa racine mais à son fruit… » affirmait Gaston Kelman que nous avons eu la chance de rencontrer lors de la conférence qu’il donnait ce 16 avril 2009 au Cinéquai de St-Quentin organisée par l’association Traversée, présidée par notre professeur de culture religieuse Mr Grand.
Mr Grand nous a tout d’abord rappelé le vif du sujet à savoir : le racisme et la tolérance. Les idées sur les noirs sont préconçues et d’après Gaston Kelman les noirs ne se défendent pas assez.
Puis avec humour, il a reconnu aussi avoir eu, lui aussi des préjugés quant au nom Kelman qui a des consonances Alsaciennes alors que ce dernier est Bourguignon.
Gaston a débuté sur une anecdote : « Mon neveu qui venait d’emménager a rencontré sa voisine qui lui a demandé d’où il venait. Celui-ci répondit qu’il venait d’Alsace et par la suite il put rajouter qu’il était presque Allemand… Sa voisine lui répondit alors « J’aime les Noirs ! » et mon neveu a enchaîné « Cela tombe bien, j’aime les blancs ! » Il est souvent dit des Noirs qu’ils sont des étrangers mais en réalité nous le sommes tous. C’est ainsi qu’il déclare que lorsque les Martiens débarqueront sur Terre, vert, avec six bras (sic) alors on verra vraiment la différence en matière d’étrangers !
Gaston a ensuite voulu nous faire partager trois notions qu’il juge importante dans un débat tel qu’aujourd’hui :
- La culture qui n’est pas innée mais acquise et individuelle. En effet, deux frères jumeaux ne feront pas le même métier et n’apprendront pas par exemple les mêmes langues.
- La tradition est une adaptation à un environnement naturel, « elle n’est pas figée et s’adapte grâce aux outils de la culture. » Ainsi, un environnement maritime n’a pas les mêmes attentes qu’autrefois.
- La valeur qui consiste à vivre en harmonie avec un environnement humain. Ils existent nombre de valeurs telles que « l’amour, la charité, la solidarité ». En effet il faut savoir « laisser de l’espace à son voisin ».
Puis Gaston Kelman désira nous parler de l’identité qui est désormais évolutive et virtuelle selon ces propres termes. En effet, auparavant elle se transmettait de génération en génération alors que de nos jours il peut y avoir trois langues différentes en trois générations comme dans la famille de Gaston Kelman : sa grand-mère ne parle pas français, lui si et sa fille parle plus anglais que français ou encore le fils de Yannick Noa qui est blond aux yeux bleus alors que son père est métis et son grand-père noir.
Il nous a ensuite fait part du devoir de s’adapter au nouvel espace. Une question est souvent posée à Gaston : « tu es d’où ? », à laquelle il répond : « Oui ma mère m’a souvent dit que j’étais doux. » Mais ses amis répondaient alors : « Mais Gaston tu sais bien de quoi on veut parler ! » Il disait ensuite qu’il était Bourguignon, puis que son nom avait une consonance Alsacienne et que cela pouvait prêter à confusion, et devant leur regard désespéré de ses amis il pointait un endroit au hasard sur la carte d’Afrique et ses amis le croyaient plus que lorsqu’il avouait être Bourguignon.
Gaston Kelman a voulu remettre en question les trois notions dont il nous a parlé pour tenter d’avoir désormais en commun l’appartenance à un espace. Place au débat !
Débat entre Gaston et le public :
Gaston Kelman a débuté le débat en annonçant que la France était multiraciale car elle se croît multiculturelle alors qu’il n’y a en réalité qu’une seule culture qui s’impose d’elle-même et nous permet d’évoluer. Ensuite il nous à nouveau fait partager une anecdote : lors de leurs études, Gaston et sa femme se sont rendus dans un bar pour acheter des timbres. Ils furent ignorés comme des immigrés puis la femme de Gaston se mit à parler Américain et la tenancière s’excusa de nombreuses fois de ne pas les avoir servi (ils sont donc passés au statut supérieur d’américains). Une fois servi, sa femme dit en français à la tenancière avec un accent africain qu’elle l’avait bien eu et ils furent relégués au rang de « macaques » selon les termes de cette femme.
Un homme dans la salle s’est dit choqué par ses livres et a posé la question suivante : comment rester en France sans nier notre héritage ?
Gaston a alors parlé de l’apartheid en disant qu’il fallait être solidaire mais pas traumatisé. Il n’oublie pas qu’il est africain mais n’a pas vécu l’esclavage et ne peut donc pas en souffrir de cet héritage dont certains blancs se culpabilisent suite à l’accusation de certains noirs. Il nous a ensuite fait part du rejet de certaines personnes qui le veulent franco-camerounais et non français. Plus tard dans le débat, une question a été posée sur le regard extérieur à laquelle Gaston a répondu par une anecdote : une femme blanche mariée à un homme noir a eu un enfant métis et on lui demande souvent où l’a-t-elle adopté. C’est alors à elle d’explique que c’est son enfant et non de dire qu’il vient du Brésil ou d’ailleurs pour se conformer à l’image extérieure.
Mr Grand lui a alors demandé ce qu’il pensait des statistiques d’immigrés et Gaston a dit que les seuls statistiques qui lui plaisaient c’était de voir l’intégration des noirs en vingt ans et donc de remarquer de quoi ils sont capables.
Natacha a alors pris part au débat en lui demandant si les jeunes métis ou noirs acceptaient leurs origines africaines et pourquoi ses clivages subsistent. Gaston a alors répondu, les garçons d’avantage que les filles, se disent africains parce qu’ils sont justement tout le temps rattachés à leurs origines et surtout que lorsqu’ils se disent français cela ne plaît pas.
Enfin, Apolline a questionné Gaston au sujet du travail quant à savoir si les noirs n’étaient pas discriminés. Il a alors conclu en rétorquant que les noirs devaient se battre contre la victimisation et améliorer leur image afin de les avantager et que les employeurs devaient mettre de côté leurs couleurs de peau.
Ce débat a été très
enrichissant notamment pour compléter notre lecture et Mr Kelman est un homme
que nous pouvons qualifier de très accessible et agréable. Nous avons donc passé
une bonne soirée grâce à l’initiative de Mme Berlemont que nous remercions.
Pauline
NIEN 1ère S2
Anna GASCOIN DURLINGER 1ère S2
Alice EL KHOURY 1ère S2