Historique
1. INSTITUT DE LA CROIX
Les filles de la Croix - La maison de Saint-Quentin
C’est au début du XVII siècle, à Roye dans la Somme, qu’il faut chercher les premiers pas de ce qui deviendra par la suite la Congrégation des Sœurs de La Croix. En 1625, quatre institutrices sont chargées par leur Evêque de créer une école afin d’instruire et éduquer les jeunes filles. Placées sous la protection de Sainte Vierge et de Saint Joseph, on les appelle d’abord « Filles dévotes » puis « Filles de la Croix ». Elles effectuent leur œuvre avec beaucoup de zèle et rapidement, de nouvelles recrues les rejoignent tandis qu’augmente le nombre d’élèves. Pierre Guérin, curé de Saint Georges est le directeur spirituel de l’école.
Quelques années plus tard, une communauté des Filles de la Croix s’installe à Chauny, puis en 1672, après avoir constaté qu’à Saint-Quentin les jeunes filles n’y étaient pas « convenablement instruites en la connaissance et à la crainte de Dieu » « la permission de l’Eglise royale de Saint-Quentin d’instruire les filles de leur juridiction » est accordée. Placée, comme à Chauny, sous la protection de Maître Gillot, Docteur à la Sorbonne, la communauté (dont Sœur Antoinette HAUTOT et Marie GIRAUX) s’installe dans une chambre haute sur la paroisse Notre Dame et commence à faire classe.
Quatre ans plus tard, leur œuvre prospérant, elles s’installent sur la paroisse Saint-Jacques, rue de la Prison (rue Anatole France) où elles resteront jusqu’après le Révolution qui fut pour elles, comme pour toute institution religieuse, une dure épreuve. Sitôt le calme revenu, quelques Sœurs se regroupèrent autour de la Sœur Hunégonde DUPLAQUET et reprirent leur œuvre de maîtresse d’école dans la partie des locaux qui leur avait été laissée.
Les Sœurs de La Croix
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Les maisons tenues par les Filles de la Croix, tout en ayant une certaine autonomie, avaient un Supérieur commun et suivaient la règle donnée par Pierre Guérin. C’est au début du XVIII siècle, que des vœux simples sont prononcés par les Filles de la Croix. Mais si le nombre des élèves était à peu près satisfaisant, la relève des Sœurs l’était beaucoup moins et ce trop petit groupe leur rendait la tâche fort lourde. Aussi, avec l’aide du clergé, elles cherchèrent une solution à ce problème vital. Celle-ci fut enfin trouvée en 1837, grâce à l’arrivée d’un petit groupe de Sœurs de la Nativité de VALENCE (les Mères du Midi) qui s’adjoignirent aux Sœurs de La Croix pour reprendre et continuer leur œuvre.
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Installation Rue de BAUDREUIL
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En 1840, la Communauté rénovée s’installait dans l’ancien hôtel de Baudreuil, rue du Gouvernement, qui devenait l’Institut de La Croix. La chapelle était inaugurée en Août 1841, le pensionnat pouvait ouvrir ses portes et les classes de l’externat, de l’ouvroir, recevait toutes les élèves qui se présentaient, pendant que le Noviciat se peuplait de nombreuses recrues, devenues ensuite éducatrices appréciées et aimées de beaucoup de jeunes filles d’alors… dont pas mal d’élèves actuelles sont les arrières-petites-filles : faut-il nommer les Mères GOT-PINOM, de SAINT-PREUX, DOURS…pour nous en tenir au lointain XIXème siècle. Cent ans plus tard, bien des choses ont changé ! Dans le monde bien sûr, mais dans nos régions aussi, éprouvées par les deux guerres mondiales : celle de 1914-18 qui fit tant de ruines dans notre ville ; celle de 39-44 qui exila pendant plus de cinq ans hors de leurs murs, élèves et maîtresses de La Croix. Malgré ces bouleversements de toute sorte, l’œuvre d’enseignement et d’éducation chrétienne commencée voici trois siècles s’est continuée grâce à l’adaptation des enseignantes soit religieuses, soit laïques dévouées, adaptation aux programmes, à la pédagogie (l’enseignement secondaire fut donné à La Croix dès les années 30, et la préparation aux examens officiels était en usage bien avant 1900), adaptation aux méthodes éducatives – que ce soit au jardin d’enfants ou dans l’éducation physique et sportive, remplaçant les « leçons de maintien » du passé – que ce soit dans la « catéchèse » succédant au « catéchisme » formateur de nos aïeules. A travers toutes ces modifications, contre vents et marées parfois, mais aussi avec l’aide du Seigneur, et s’appuyant sur le dévouement du corps enseignant, sur la confiance des familles, dont témoigne le nombre croissant d’élèves et l’attachement manifesté par les « Anciennes », l’Institut de La Croix, fidèle à sa mission, devenu, après la fusion avec l’Institution Saint-Jean, l’Association Scolaire Saint-Jean et La Croix, veut aborder avec espérance et optimisme l’étape d’un nouveau siècle, en travaillant à la formation humaine et chrétienne d’une jeunesse forte et généreuse : la France de demain.
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2. L’INSTITUTION SAINT-JEAN
Le Père DEHON : Fondateur de l’Institut Saint Jean
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C’est le 4 Août 1877 que la presse locale de l’époque annonçait l’inauguration prochaine d’un nouvel établissement scolaire libre, dénommé INSTITUTION SAINT-JEAN, fondé par le Père Léon Dehon. Léon Dehon est né à La Capelle en 1843. Au terme de ses études classiques et sur la demande de son père qui s’oppose à sa vocation sacerdotale, il suit les cours de la faculté de droit à Paris, où il est reçu « Docteur en droit» en 1864. Dans l’espoir de voir son fils abandonner son projet de devenir prêtre, son père lui offre un voyage de 10 mois au cours duquel il visite tour à tour : La Forêt Noire, Suisse, Italie, Dalmatie, Iles Ioniennes, Grèce, Asie Mineure, Egypte, Nubie, Arabie, Constantinople, Hongrie, Autriche,.. Son séjour à Rome sera décisif et à son retour, il prend la décision d’entrer au séminaire Sainte Claire de Rome. En 1868, il est ordonné prêtre à Rome. Nommé vicaire à la Basilique de Saint-Quentin en 1871, il découvre une situation sociale de misère, dans une ville industrialisée ou peu de monde encore se soucie des conditions de vie de la classe ouvrière. Il crée rapidement patronages, cercle catholique d’ouvriers, cercle de la jeunesse catholique. En 1877, Il obtient la cession d’un modeste établissement privé d’enseignement situé rue de Breuil (ancien nom de la rue des Arbalétriers) et il fonde à la demande de Monseigneur Thibaudier, Evêque de Soissons, l’Institution Saint-Jean à Saint-Quentin pour former de jeunes chrétiens soucieux de leurs responsabilités. Un an plus tard, il fondera la Congrégation des Prêtres du Sacré-Cœur et pendant de nombreuses années, ces deux fondations seront imbriquées l’une dans l’autre.
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Un développement rapide de l’Institution
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En 1884 : soit 7 ans après, l’Institution comptait déjà 200 élèves. Cette même année 1884 vit la première réunion d’anciens élèves et la création de l’Amicale des Anciens. En 1891 : un incendie ravage les locaux nouvellement construits. En 1892 : Le Père DEHON quitte la direction de l’Institution pour se consacrer entièrement à l’organisation de la Congrégation des Prêtres du Sacré-Cœur. Découvrir l’Amour de Dieu au quotidien dans les relations avec les autres et particulièrement dans l’attention au plus pauvre est le message qu’il laisse dans l’école. Il confie l’Institution à l’un de ses premiers élèves : le Chanoine DELLOUE qui eut la lourde charge de maintenir le collège durant les périodes troublées du début du siècle. En 1914 : l’Institution a 300 élèves. Le Chanoine ROUCHAUSSE succède au Chanoine DELLOUE. Son supériorat allait être marqué par les épreuves de la guerre : l’Institution restera ouverte jusqu’à l’évacuation de Saint-Quentin en Mars 1917. En 1918 : le Chanoine ROUCHAUSSE retrouve l’Institution complètement détruite et le 4 Octobre 1919, il recevait les premiers élèves d’après-guerre. 18 Mai 1924 : inauguration des nouveaux bâtiments reconstruits de la rue des Arbalétriers. 1931 : Mgr MENNECHET nomme l’Abbé JACQUEMIN supérieur de l’Institution. L’Institution allait devenir un grand collège régional. La bénédiction de la Chapelle en 1934 et le soixantième anniversaire de 1937 sous la présidence du Cardinal BAUDRILLART, ont été des fêtes mémorables L’Institut compte plus de 400 élèves en 1938. Et, de nouveau, ce fut la guerre : l’Institution réquisitionnée dès Septembre 1939 devint un hôpital militaire jusqu’à l’évacuation en mai 1940. Puis, occupée par l’armée allemande et ensuite par l’armée américaine, elle ne fut rendue à son usage qu’en fin 1945. |
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L’après guerre
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En 1947, le Chanoine BEAURAIN,
professeur de Première, succède au Chanoine JACQUEMIN, nommé vicaire général de
Soissons avant de devenir Évêque de Bayeux et de Lisieux. |
3. LA CONGRÉGATION DES SŒURS DU CHRIST
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Le concile Vatican II, dans ses orientations sur la vie religieuse, demandait aux congrégations de « faire un retour aux sources », de bien définir leur charisme de fondation afin de mieux l’adapter au contexte de la société, d’approfondir aussi les grands courants de spiritualité auxquels elles se référaient, d’examiner enfin la possibilité de regroupements éventuels fondés sur des liens spirituels, la similitude de vie apostolique, la proximité géographique. Ce fut le point de départ d’un véritable cheminement spirituel mené par les Religieuses de La Croix de Saint-Quentin, les Filles de la Croix de Paris, les Filles de la Croix du Puy, les Filles de la Croix de Marchienne. Ces congrégations, fondées au XVII siècle, débutèrent leurs recherches autour du mystère de la Croix. Des liens historiques ainsi qu’une référence commune au courant de spiritualité de l’Ecole Française suscitèrent l’adhésion de la Congrégation des Sœurs de la Nativité de notre Seigneur de Valence. Et c’est la constitution de la fondation « Mysterium Christi » approuvée par le saint Siège le 29 Janvier 1969. La Fédération s’accroît ensuite par l’adhésion des Congrégations des Sœurs de la Providence de Corenc et des Servantes du Christ-Roi d’Ablon. Dans cette réflexion, chacun fera l’expérience de la présence et de l’action de l’Esprit, seul capable de rassembler dans le Christ des congrégations d’origines si différentes, dans le respect de leur diversité et l’accueil de la richesse spirituelle de l’autre. En 1976, cette « fédération » deviendra une « Union » : les Sœurs du Christ. C’est dans l’histoire de cette union « de sept en un » que naît la nouvelle mission authentifiée par l’Eglise d’être des artisans d’unité en Jésus Christ, d’œuvrer à sa suite pour rassembler en Lui les hommes séparés de Dieu et séparés les uns des autres.
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4. LA FUSION ENTRE SAINT JEAN ET LA CROIX
Poussée par l’Esprit qui rassemble et encouragée par le Concile Vatican II, la Congrégation des Sœurs de Saint-Quentin est en marche vers « l’union ».
C’est dans ce contexte que l’Institut de La Croix, école de jeunes filles, appuyée par la Congrégation désire réaliser avec l’Institution Saint Jean, école de garçons, un établissement mixte, ouvert sur l’avenir, dans un esprit de recherche d’unité, pour tous, garçons et filles, d’horizons différents. Il s’agit de mettre sur pied un établissement constitué d’une école, d’un collège et d’un lycée préparant aux baccalauréats dans les différentes séries générales et plus tard dans des séries technologiques tertiaires. Pour être une école ouverte à tous, une prise en charge particulière est envisagée pour les élèves rencontrant des difficultés scolaires.
A partir de mars 1974 et pendant plus d’un an des réunions ont rassemblé les représentants des deux communautés éducatives : équipes de direction, bureaux de l’Association de gestion et de l’Association des parents d’élèves, professeurs, élèves, membres du personnel ; des journées pédagogiques ont été organisées pour repenser le projet éducatif, l’implantation des locaux et le fonctionnement de l’établissement.
Le point culminant de cette année de préparation a peut-être été l’assemblée générale extraordinaire des parents des deux écoles le 3 juin 1975. Le Père Wilhem, mariste, secrétaire général de l’association pour la rénovation des établissements scolaires, qui a soutenu et accompagné le projet de fusion a refait l’historique du projet et présenté le sérieux du travail mené, les découvertes, les choix de la direction et les attentes des jeunes. La rentrée 1975 a été réussie et n’a pas déçu les nombreuses espérances.
La fusion - une aventure passionnante et une véritable aventure humaine: « Nous étions devenus comme une grande famille et le mot le plus fort peut-être que nous avons découvert c’est le mot confiance » : Père Marchandier.
Depuis 1994, ce sont des laïcs, nommés par l’Evêque de Soissons, qui assurent la responsabilité de chef d’établissement de l’Association Scolaire Saint Jean et La Croix : Mr Pierre-Henri LEMAIRE (1994-1997), Mr Yves QUINIOU (1997-2002)et Mr François COLIN (2002 à ce jour)
« La relation éducative pour les parents, les enseignants ou les éducateurs, ne peut tenir que si elle se fonde sur une attitude inconditionnelle de confiance : Nul ne peut éduquer, s’il désespère de l’autre. » Alain THOMASSET
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